Automne 08 2008
Titre de la news Date

Tashkent 21-09-2008
Bon voila, j'ai enfin fini les posts sur l'Iran !
message de mjo le 30-09-2008 à 12:06
  mate cette vidéo si ta le temps,c'est sur la crise bancaire actuel. http://www.lepost.fr/article/2008/09/28/1275541_l-argent-dette-une-video-pour-comprendre.html elle dure 52:18 min. un avis/conseil, sur la conclusion des 4 dernière minutes ? ^^

message de Zuv le 03-10-2008 à 02:49
  mjol c'est ni le site ni le moment pour ca ! tu veux un conseil achete de l'or !

message de maman le 03-10-2008 à 08:22
  faut bien qu'on le tienne au courant de ce qu'il se passe dans le monde, comme ca il en ramenera de l'or ou alors il reste en chine, quoique, c'est pas brillant la-bas non plus.Bises mon fils, profite bien de ton voyage.

message de mjo le 04-10-2008 à 20:15
  lol zuv,de l'or..pourquoi pas des diamants et du pétrole tant que tu y es... ta pas tout compris je pense mais ce n'est pas le lieu pour en parler.c'est juste pour informer le Gzav,tant que les communications marche encore.. ;-)

message de xav le 05-10-2008 à 14:18
  Je suis un peu au courant car je lis regulierement rue89 mais les videos c'est mort, les cyber-cafes ici c'est une ligne de 56k pour tous les ordinateurs, c'est horriblement lent.

message de mjo le 05-10-2008 à 15:42
  tu as la version texte ici : http://www.alterinfo.net/L-escroquerie-monetaire-mondiale_a24545.html?PHPSESSID=e3e6a6967476488c5082a9a14d217c12 fait bon voyage et reste prudent,@++

message de buck le 10-10-2008 à 16:53
  Salut Je viens de decouvrir ton site qui me semble fort sympatoche j'y repasserais buck from TS :)


Les soirees de M. l'ambassadeur... 27-09-2008
Lundi :
Me voila de bon matin a l'ambassade kirghize, il y a deja une demi-douzaine de personnes, je m'inscrit sur la liste gerre par les gardes ouzbeques. Numero 15, je devrais pouvoir entrer dans la journee. Je retrouve 4 suisses que j'avais rencontres a l'ambassade du turkmene a Teheran. Ils sont la depuis 5h du matin, techniquement meme depuis hier soir car ils ont dormi dans leur 4*4, mais ils ne sont pas sur la liste. Je leur explique le systeme et finalement les gardes les laissent entrer rapidement. Profitant de l'occasion je me faufile avec eux, j'entends le garde m'appeler, mais tant qu'il ne me prend pas par l'epaule, je continue comme si de rien n'etait. Et voila, une demi-journee de gagnee. Je passe l'apres-midi avec eux a la recherche de dollars.

Mardi :
L'ambassade de Chine est fermee aujourd'hui, je retourne donc a la kirghize donner le formulaire de paiement. Cette fois-ci le garde refuse de me mettre sur la liste (il n'a peut-etre pas digere mon passage un peu cavalier car il s'est fait tance par les ouzbekes qui attendaient derriere nous). Je reviens l'apres-midi, les gardes ont change, je passe rapidement, et la, c'est le drame : ils veulent garder mon passeport une semaine, alors que j'en ai besoin pour le visa chinois. Je le conserve et doit revenir leur donner. Au passage je vais tater le terrain a l'ambassade de chine, le garde me dit de venir vers 7h du matin.

Mercredi :
Je suis la a 6h et 39eme sur la liste. Wow. Peut-etre est-ce une liste qui s'etend sur plusieurs jours. A 9h les entrees commencent a partir du numero 1. Le garde s'est bien foutu de ma gueule. J'apprends par un ouzbeke qui parle anglais qu'en fait la liste commence a 22h la veille si vous arrosez le garde. Ca se passe comme ca en Ouzbekistan, me dit-il. Lui a paye 20 000 soums (10 euros, c'est enorme) et il est numero 3. A midi 26 personnes sont passees et la porte se ferme. Bon, je l'ai dans le baba pour aujourd'hui. Un couple australien, qui est parti de Londres en juillet, n'a pas pu rentrer non plus et leur visa ouzbeke s'arrete bientot. Leur route de la soie s'arrete ici et ils vont prendre un avion pour l'australie, tres "pissed of".
Je passe a l'ambassade khirgize pour leur expliquer que j'ai besoin du passeport et demande un visa immediat. Le garde me reconnait (pas celui du premier jour j'ai de la chance) et se rappelle meme mon nom! Je lui exprime mon etonnement et lui dit qu'il est super-intelligent, il me repond c'est normal, je suis dans la police (sic). Il me fait entrer en deuxieme alors que je suis douxieme sur la liste. Le fonctionnaire de l'ambassade est visiblement ennuye (car il doit le faire lui-meme) mais cela marche. Bingo j'ai deja un visa sur deux. Je remercie le garde, qui me demande de l'argent en blaguant a moitie. Je fais mine de ne pas comprendre et lui offre ma sympathie eternelle.

Jeudi :
L'ambassade est fermee, mais je passe plusieurs fois dans la journee pour essayer d'etre sur la liste et que les gardes voient ma tete. Meme a 22h ils ne veulent pas m'y inscrire. J'y retourne donc a minuit, ce qui ne m'enchante guere car je ne me sens pas trop en securite. En fait ce que je crains le plus la nuit tombee ce sont les policiers. Je me suis deja fait arrete 2 fois pour controle de papiers, mais cela s'est bien passe. Arrive a l'ambassade il y a une russe juste devant moi, nous sommes les deux premiers et respectivement numero 23 et 24 sur la liste. Elle fait un esclandre pas possible, demandant ou sont les 20 autres personnes, qu'elle est numero 1, qu'elle va se plaindre au consul, etc... Elle me dit que les gens paient probablement 3 a 5000 soums (2 euros), mais pas venant d'un etranger de peur que cela s'ebruite.

Vendredi :
L'ambassade est fermee toute la semaine prochaine sauf lundi uniquement pour donner les visas, c'est donc le jour de la derniere chance ! La russe est numero 1, je la felicite, mais moi je suis toujours numero 24. J'exprime mon mecontentement au garde avec un "non" turc tres franc (ils ne parlent pas un mot d'anglais), il me dit que je passerais aujourd'hui, no problem. Un canadien, qui est la depuis lundi et dans le meme hotel que moi, est venu s'inscrire sur la liste et est numero 10. Bon il n'y a pas que des gens qui payent qui sont dans les 20 premiers, c'est toujours une consolation. La russe, tres sympa, contrairement a cet hypocrite de canadien, me propose d'entrer avec elle, mais je n'ose pas, car chacun a un ticket. Au fil de la matinee je commence a le regretter, car je m'apercois que cela aurait marche, mais j'entre finalement parmi les derniers, muni de mes reservations d'avion et d'hotel bidons.

le week end :
Farniente. Je suis mentalement epuise de cette semaine, j'ai l'impression de m'etre accroche a un os comme un pitbull pendant plusieurs jours. Le samedi je dors, le dimanche je visite un peu. Je vais a l'opera voir le Faust de Gonnot, helas en russe, pour 2 euros, 6eme rang au milieu. Le spectacle est de bonne qualite ma foi.

Lundi :
J'obtiens mon visa, Alelluia. Evidement 30 jours et non 60 comme je l'avais demande, mais je ne vais pas me plaindre. Il est temps que je me casse de cette ville qui commence a me sortir des yeux.

Tashkent 30-09-2008
Je me disais depuis quelques jours que certains ouzbeques ressemblent beaucoup a des asiatiques, mais je viens seulement de percuter en voyant un restaurant coreens (ou j'ai mange des sushis corrects avec 2 francais que j'avais croise a Nukus) qu'il y a beaucoup de coreens en asie centrale. Tous les coreens de Russie etant consideres par Staline comme des espions potentiels, ils se sont fait expulses en asie centrale (c'est toujours mieux que le goulag).
J'ai change d'hotel durant la semaine, je suis passe d'un hotel normal a 40 dollars dans le quartier russe a une guesthouse dans le vieux Tashkent, Chorsu, plus ouzbeque et beaucoup moins cher. Les maisons d'hotes sont des lieux de rencontre, car il y a souvent une cour centrale ou l'on peut passer le temps. Qui irait glander dans un lobby d'hotel 3 etoiles en esperant rencontrer d'autres clients ?
J'aime beaucoup le bazar dans ce quartier. Finalement Tashkent est une ville decente pour un expatrie, on peut y trouver son compte quelque soit son style. C'est la plus grande ville d'asie centrale. Enfin il me faudrait vraiment un tres gros salaire pour me forcer a rester ici, faut pas deconner non plus.
Tous les touristes restant plus de 3 jours a Tashkent sont ici pour des visas. Nous nous retrouvons le soir a la guesthouse et nous nous racontons nos histoires d'ambassades, on s'echange des conseils et les nouveau-venus sont assez rapidement brieffes. C'est l'avantage des guesthouses sur les hotels impersonnels : on y rencontre beaucoup de voyageurs au long cours car c'est tout simplement l'endroit le moins cher. Je ne vous parle pas beaucoup de mes rencontres, pourtant j'en fais assez souvent, c'est vraiment le squelette du voyage. Il m'est arrive de ne rencontrer personne pendant 15 jours (voyageur ou local), c'est assez deprimant. Je ne vous parle pas de tous les gens dont je croise la route car cela ressemblerait fort a une simple liste sans interet et je ne vous parle pas non plus des gens qui peuvent devenir des amis car cela s'approche trop de ma sphere privee. Pas de chance pour votre curiosite maladive...
Mais je vais faire une exception pour l'asie centrale, car j'y rencontre de sacres energumenes. Les gens se croisent plusieurs fois (et oui nous allons tous aux ambassades ou dans les memes hotels) dans plusieurs pays c'est assez amusant. Quelqu'un raconte par exemple l'histoire de venezueliens en 4*4 croises en Iran qui avait ete obliges de vider toutes leurs bieres a la frontiere. "Avaient-ils des t-shirts jaunes ?" -Oui "Je les ai croise a Bishkek, tres sympas". J'ai parfois l'impression qu'on est en ce moment une trentaine a visiter l'asie centrale.
Ici j'ai rencontre Collin, un jeune americain qui suit ses etudes en Tasmanie et a fait du stop en Mongolie (respect, sachant qu'on attend un vehicule parfois plus d'une journee et qu'il n'y a rien a manger la-bas). Marc et Vince, un couple de francais qui apres une retraite bien meritee fait le tour du monde en 4*4 amenage. Guillaume, un marseillais bein sympa qui rentre voir la bonne mere (je ne sais plus d'ou il est parti). Un kiwi (new-zelandais) qui va en Angleterre et vient du Vietnam en scooter ! Un vieux scooter 50cc de plus de 20 ans avec lequel il a passe le col d'Ikeshtam, hallucinant. Un jeune suisse passionne de montagnes qui vient de se faire 3 semaines dans les pamirs enneiges, seul, avec un sac de 45 kg (30kg de materiel et 15 kg de nourriture). Un fou furieux mais tres professionnel dans sa preparation. Il etait en pause histoire de reprendre une dizaine de kilos et sa maman lui rend visite en Ouzbekistan. Il y a egalement enormement de francais ici, tres souvent en groupe mais aussi pas mal de retraites qui voyagent seuls, dans les memes conditions que moi.
J'ai entendu dire qu'en Ouzbekistan les touristes sont a 50% francais, 25% allemands et 15% italiens.

Samarkande 01-10-2008

Ville de legende, Samarkande est surtout agreable a vivre. Il y a bien sur de beaux monuments mais Boukhara et Khiva tiennent la comparaison. Les entres des sites et musees sont assez chers, mais on peut negocier. C'est assez decevant, cela veut dire que l'argent va directement dans la poche de la souriante dame qui encaisse et donne de vagues tickets en papier. On peut souvent entrer a moitie prix selon vos talents de negociateur.


Guillaume et Colin en extase devant le Registan.
En ce qui concerne le fameux Registan, la piece maitresse de la ville, les gardes viennent vous trouvez pour vous emmener en haut d'un minaret moyennant quelques dollars, avant ou apres le coucher du soleil. L'avantage est que vous ne payez pas l'entree du site. J'avoue que depuis quelques temps, je ne puis m'empecher de voir la corruption transpirer des visages des policiers ouzbeques.
J'ai entendu beaucoup de personnes sur ma route comparer le Registan et la place du monde, a Esfahan. La majorite des suffrages va au Registan. C'est tout de meme assez different.

Possibilite d'un livre, probabilite d'une bouse 05-10-2008
Tout ca pour vous dire que je me tiens quand meme au courant de l'acualite franco-francaise. Que l'auteur de ce bon mot a propos du livre de Houellebecq et BHL m'excuse, je ne sais plus sur quel blog j'ai lu cela.
Je glande a Samarkande. La guesthouse est tranquille, je retrouve Colin, Guillaume et le kiwi, et en fin de semaine Marc et Vince. Et aussi quelques numeros : un photographe francais qui voyage en courant (Leica devant, sac a dos de 6 kg derriere) et qui a voyage dans 180 pays ! Il arrive a vivre de ses photos et essaie de peter un record dans le Guiness Book. Dans la meme veine je croise egalement un vieil excentrique normand qui a parcouru plus de 210 pays et territoires (il compte les territoires, il y en a plus de 300 dans le monde) et lui aussi essaie de battre un record dans la categorie "francais". Car il m'explique que des americains tres riches ont deja parcouru TOUS les pays et territoires du monde.
J'avoue ne pas comprendre ce genre de motivation, plus repandue que je ne l'imaginais. Je n'espere meme pas atteindre la centaine de pays et surtout, j'ai bien envie de retourner dans des pays que j'ai deja visite. Cet homme est un peu fou, tres drole et il a une patate d'enfer pour ses 70 ans. Il habite a une cinquantaine de kilometre de chez mes parents en normandie. Pour les amateurs il va une fois par mois au dancing de Thiberville avec sa dulcinee.
Egalement au menu un jeune couple breton sympathique, Coco et Lolo, qui, profitant d'un demenagement de Nantes a Brest, a decide d'aller en Chine a velo. J'ai l'impression que ca leur a pris comme une envie d'aller pisser ou de faire un bebe (je blague). Apres avoir crame dans le desert iranien ils vont se les geler au Khazakstan. En tout cas chapeau, ils sont courageux.
Un chimiste allemand a la retraite qui achete des pieces de collection et les revend en Allemagne pour ameliorer son quotidien. Il a visite plus de 130 pays et revient souvent avec 15 kg de pieces, c'est un vrai metier ! Un tare de british assez fortune qui nous a traite de "fucking selfish cunts" parceque l'on faisait trop de bruit dans la cour. Il faut dire que l'on picole et rigole beaucoup. C'est pour cela que je suis reste plus d'une semaine a Samarkande. Ah, j'oubliais la dream-team d'etudiantes berlinoises venues apprendre l'ouzbeque un mois. Quelle idee saugrenue n'est-ce pas ? C'est finance par un organisme etudiant, c'est donc pour elles un mois de vacances quasi-gratuites.
message de oly\'s family le 13-10-2008 à 21:07
  tout le monde t'embrasse, bonne continuation


Kokand 08-10-2008
Un petit coup de train de Samarkand a Tashkent (maintenant je sais ce qu'est la troisieme classe), puis taxi partage jusqu'a Kokand. Mon premier taxi me fourgue chez un collegue et celui-ci lui verse une commission, j'en deduis que je me suis fait copieusement arnaquer.
Apres quelques heures de route, le vehicule s'engage dans une percee a travers la montagne puis debouche finalement sur la valle du Fergana. Me voila enfin dans le vrai Ouzbekistan. Ici, pas ou peu de monuments, pas de touristes, tout est deux fois moins cher, la vraie vie quoi. A peine arrive je fait connaissance avec une bande de jeunes a un fast-food et suis invite par Alim, un enseignant parlant anglais, a dormir chez lui. Je prends rendez-vous pour le lendemain car je suis deja installe a l'hotel.
Alim habite pres du bazar nocturne (de minuit a midi) ou l'on vend en demi-gros, tres impressionnant. J'aime beaucoup les bazars d'asie centrale. Nous passons la soiree chez lui a discuter, son pere me demande le salaire moyen en France, le prix du metre carre et du kilo de viande. Ici un kg de viande vaut 7000 soums (4 euros) pour un salaire moyen de 50 euros. Le gras est plus cher, c'est un morceau de choix. Si en mangeant votre samousa a la viande vous pestez contre d'enormes morceaux de gras, dites-vous que c'est un samousa de qualite. Je ne suis pas contre un morceau sur une brochette de foie, c'est meme assez bon. Tous les touristes disent que la nourriture en asie centrale est tres grasse et ils ont raison, la soupe de nouilles et le riz baignent dans l'huile de coton. Mais cela ne me derange pas, d'ailleurs je l'aurais a peine remarque s'il n'y avait pas sytematiquement quelqu'un pour s'en plaindre. Comme dirait Karadok dans une phrase devenue culte "le gras, c'est la vie !".

Andijan 10-10-2008
Grande ville industrielle avec un bazar bien bordelique. Mon voisin de bus voit que je suis un peu perdu en sortant de la gare routiere et m'aide a trouver un hotel. C'est la premiere fois que cela m'arrive en Ouzbekistan, ou l'on ne peut pas dire que le contact y est facile. Seules les femmes rient et repondent a mes sourires dans ce pays. On a l'impression que les hommes font toujours la gueule, ce doit etre le style sovietique. Mais je dois tempere par le fait que j'etais essentiellement dans des zones touristiques. Pour etre franc, je ne suis pas mecontent de quitter ce pays, meme si je regrette de ne rester que quelques jours dans la vallee du Fergana, ou les gens ont l'air normaux. L'hotel est un peu miteux mais les dames d'etage russes sont tres sympathiques, cela change tout. Surtout qu'il n'y a quasiment rien sur mon guide a propos d'Andijan, meme pas un plan.

Mausole a Samarkande.
L'Ouzbekistan est un pays traditionnel, bel euphemisme pour dire que les femmes ne sont pas libres. Les tenues vestimentaires sont assez variees, meme un peu ole-ole et rares sont les jeunes filles avec le voile, qui est noue autour des cheveux et laisse apparaitre la nuque.
Les jeunes se marient assez tot (la pression sociale est aussi forte sur les garcons que sur les filles) avec habituellement un ecart de 5 a 7 ans entre l'homme et la femme. Pour qu'elle puissent s'occuper de nous lors de nos vieux jours. Lorsque qu'un jeune homme voit une fille qui lui plait, il en parle a sa mere qui va voir la mere de la jeune convoitee. C'est un premier contact pour jauger la difference de statut social, rapport a la religion et autres affinitees. La prise de contact peut tres bien s'arreter ici. Si le pain sur la table est deja rompu en deux, cela veut dire que la jeune fille est promise a un autre et s'ensuit une simple conversation de voisinage. Si tout se passe bien alors la maman revient avec son fils qui peut avoir une conversation d'une heure avec sa dulcinee. Apres cinq visites la jeune fille doit donner son avis sur le garcon. Elle peut dire non mais doit motiver sa decision (nous n'avons aucun point commun, il est inculte etc..). Ensuite eh bien apres le mariage c'est parti pour les gosses. Si vous etes une femme qui veut vivre sa vie (a supposer que votre famille vous le permette), le seul moyen est d'aller a Tashkent.

Kirghizstan 11-10-2008
Sur les conseils de mes mamas russes, je trouve assez facilement le coin des taxis vers la frontiere, qui se remplit tres vite. Le passage est rapide, il y a meme deux echoppes pour changer les soums en soms. Je dois juste demander au garde khirgize atteint d'une flemme passagere de tamponner mon visa. C'est un detail important lorsque vous entrez dans un pays : sans tampon d'entree, vous aurez des ennuis (ie des sous a payer) en sortant.
Les khirgizes sont assez differents des ouzbeques. Ils ont le visage large et assez plat, les yeux tres brides et les hommes ont des chapeaux d'enfer. J'arrive donc a Osh, tres proche de la frontiere, sous la pluie.

Osh 13-10-2008
Il pleut...
Mais il y a plein de restaurants ici, ca motive pour rester un peu plus.

Bazar a toustra 14-10-2008

Ouuuh, celui-la est tres mauvais, je sais.
Osh est celebre pour son bazar, ou l'on peut vraiment tout acheter.

Patator 15-10-2008
Ah, la nourriture en asie centrale, tout un roman, ou plutot une nouvelle. Tout le monde vous dira que c'est tres gras et peu varie et ce n'est pas faux. Heureusement les plats sont bien assaisonnes, le poivre est tres bon ici.
  • Chachlik : les brochettes de divers types de viande ou kebab, le plat de base que l'on mange avec du pain.
  • Laghman : soupe de nouilles tres epaisses qui tiennent bien la sur-cuisson, avec moult epices et aromates.
  • Plov : du riz avec des carottes et autres. Il en existe de multiples variantes. Bon et bourratif.
  • Ragout : je ne connais pas le nom de ce plat, de la patate et quelques morceaux de viandes, servi avec un bol de bouillon.
  • Hamburger : non, ne croyez pas ces affiches chinoises avec des hamburgers appetissants, vous aurez droit a une knaki micro-ondee dans un pain.
  • Durum : Ah, un bon doner turc, on en trouve parfois.
Il y a peu de legumes ici, excepte de la patate que l'on retrouve dans tous les plats. Le tout bien sur arrose d'une bonne dose d'huile de coton. Il y a en revanche des fruits, de tres bonnes pommes, melons et fruits secs. Heureusement, un ingredient simple ameliore tous ces travers : le pain ! En forme de gros donut, il est bien meilleur que ce que l'on peut trouver en France depuis que nos boulangers sont passes a l'ere industrielle avec leur maudits fours a air souffle.

Il existe des petits marches entierement dedies au pain. On le tate, on negocie suivant la quantite achetee. Sa forme est parfaitement adaptee pour les brochettes.

Sary Tash 16-10-2008
Le passage de la frontiere via le passage d'Irkeshtam n'est pas tres aise, avec de nombreux check-points, de longues fouilles integrales des sacs, une interminable pause-dejeuner et un tres long no man's land dans la montagne ou il faut monter a bord des camions. Un suisse rencontre a Osh nous en a fait un portrait apocalyptique et nous avons tous de bonnes reserves de nourriture au cas ou nous serions coinces la-haut. En fait il exagerait un peu devant une fille. Fabien, un genevois, me conseille de la faire "a la dure", c'est-a-dire en voiture ou camion, pour voir le paysage. En effet il y a un bus de nuit qui parcourt directement Osh-Kashgar pour 55 dollars. Ce n'est pas la premiere fois que je remarque un petit cote masochiste chez les routards, pourquoi faire simple quand on peut se la jouer hardcore. Il peut y avoir de nombreuses raisons a cela : les histoires a raconter et exagerer, repousser ses limites personnelles d'inconfort et d'incertain, etre plus pres des gens etc... Je demande a Fabien pourquoi il prend le bus, il me repond parcequ'il l'a deja fait. Mouuuais, je suis moyennement convaincu mais je reconnais qu'une frontiere en bus, c'est tres tres long et ennuyeux.
Je profite d'une voiture pour la frontiere qui s'organise a mon hotel avec 2 touristes deja croises a Tashkent ainsi qu'un americain et Thomas, italien vivant a Hong-Kong. Ce sera donc du semi-hard. Nous payons 50 dollars chacun, quelle arnaque pour Sary Tash, petit village paume dans la montagne kirghize, dernier arret avant la frontiere.
On se les gele severe a 3200 metres, la montagne est vraiment sublime. Nous restons pour la nuit dans une maison, 10 euros avec un diner tres moyen et petit dejeuner frugal. C'est encore l'arnaque mais c'est un tarif normal pour un groupe. Et puis, au fur et a mesure que vous passez des frontieres terrestres, c'est avec une certaine fatalite que vous acceptez de vous faire plumer par les taxis, changeurs, hebergeurs. C'est comme ca, c'est la frontiere...

La route vers sary Tash. Demain, si tout va bien, nous serons de l'autre cote des montagnes.

Irkeshtam pass 17-10-2008
Nous decidons donc de nous lever a 4h du matin pour etre a la frontiere un peu avant l'ouverture a 8h. A l'heure dite, la voiture ne demarre pas. Timur notre chauffeur pense que le gazoil a gele mais il ne fait quand meme pas si froid. Au bout de 2 heures la cause est identifiee, il s'agit de la batterie. Mais a mesure que l'heure avance nous commencons a stresser. D'abord parceque notre plan parfaitement huile tombe a l'eau, ensuite parcequ'apres 9h il devient tres hasardeux de s'elancer vers la frontiere : il faut arriver du cote chinois avant la fermeture. De plus nous sommes vendredi et apparemment la frontiere est fermee samedi et dimanche. A 8h nous decidons de faire du stop. Nous sommes cinq sur le bord de la route, les premiers camions, chinois, ne s'arretent pas.
Nous sommes deux couples (d'amis) qui tirent a pile ou face pour savoir qui montera en premier et moi le remi sans famille. Trois d'entre-nous se cachent en contre-bas et un premier camion s'arrete. Une seule place, c'est donc pour moi.
C'est parti avec deux routiers ouzbeques sur la pire route que j'ai jamais vue. Le chauffeur roule vraiment a fond les ballons et le semi-remorque plane litteralement au-dessus des nids de diplodocus (ce ne sont ni des nids de poule, ni d'autruche). Nous arrivons au premier poste en 2h10min pour un temps standard de 3h, je pense que c'est un record. Apres avoir ete secoue pendant si longtemps, je sors du camion completement groggy.
Premier poste, une minuscule guerite avec un garde qui commence par me demander si j'ai des dollars. Non, bien sur. Alors il me demande des yuans. Non plus mon gars. Je lui donne une cigarette. Il n'est pas presse mais heureusement son collegue arrive a qui je dis que le camion m'attend (ce qui est faux ils ont deja decharge mes sacs) et il m'enregistre prestement. Je reprends mon camion ouzbeque au vol.
Deuxieme poste, apres 6 km et un village, la vraie frontiere kirghize. Tampon, fouille de sac integrale. Je m'accroche a un wagon de cinq singapouriens. Midi et la pause dejeuner approche, mon sac est donc rapidement fouille (et je ne les aide pas a aller dans les recoins non plus). Nous n'avons qu'a attendre et les douaniers khirgizes nous mettent par deux dans des camions en partance.
Un dernier rapide checkpoint khirgize puis nous arrivons a la frontiere chinoise pour la pause-dejeuner. Une heure et demi d'attente, nous en profitons pour pique-niquer. Le cadre, au beau milieu de la montagne, est superbe. La frontiere ouvre avec un demi-heure de retard mais nous nous voyons offrir une tranche de pasteque. Fouille des sacs, 10 yuans a payer puis nous sommes la encore assignes dans des camions pour les derniers kilometres du no man's land.
Nous arrivons finalement a la frontiere chinoise, tampon, passage des sacs aux RX. Le meilleur moyen de cacher quelquechose a une frontiere terrestre est de l'avoir sur soi. Voila, nous y sommes enfin ! Il est 18h heure de Pekin et maintenant il faut trouver un taxi pour Kashgar, ce qui se fait assez facilement. Je vois debarquer mes 4 precedents compagnons de route, les yeux egares, les cheveux ebouriffes, rouges comme des tomates. On les croirait sortis d'un asile de fous ou d'une cocotte minute. Ils me racontent qu'ils sont montes 20 min apres moi a 4 (avec les sacs) dans une cabine de camion. J'imagine leur calvaire lors du chemin de Sary Tash au premier poste, qui a dure 3h30. Finalement ce fut long mais assez fluide.
Je reste avec mes touristes singapouriens pour 3 heures de route vers Kashgar. En route nous voyons a l'ouest les montagnes du Pamir, un veritable mur qui se dresse a la verticale vers le ciel. Impressionnant. Pour le diner a Kashgar la transition fut brutale mais divine avec une orgie de cuisine du Sichuan. Equilibre du chaud et du froid, des differents types de viande (du porc enfin !), un poisson, legumes. Je remercie Wee Yin, le "leader" du groupe qui parle couramment chinois, pour ce festin. Il me repond que c'est a lui de me remercier car grace a ma presence, ils ont pu commander un ou deux plats supplementaires.
message de maman le 23-10-2008 à 16:18
  te voila enfin arrive en chine,tu vas bientot toucher au but,on te verra peut etre a noel?Gros bisous,mon fils, fait attention a toi sur la route

message de Marie-Noël le 25-10-2008 à 21:50
  La voilà la terre de Chine ! Déjà ! Bravo ! Tu ne dois pas en croire tes yeux. Profites en bien ! Ca va la bouffe ce n'est pas trop dure.

message de mjo le 26-10-2008 à 03:36
  ils cherchent quoi concrètement avec ces fouilles répété? c'est tout le monde ou "à la tete du client"?

message de VINCE ET MARC le 26-10-2008 à 10:40
  FELICITATIONS, BIZ, A BIENTOT?

message de xav le 26-10-2008 à 14:15
  Non, la bouffe ca va pour l'instant. Pour les fouilles on ne peut pas trop leur reprocher, c'est une frontiere. Pour les touristes ils cherchent essentiellement des fruits, guides et cartes. Le lonely est confisque car Taiwan n'y est pas. A noter qu'ils n'ont pas modifie la nouvelle edition en connaissance de cause. Business is business...


Kashgar 18-10-2008
Oui, oui, je m'occupe des photos, mais ce n'est pas pur tout de suite, car les PC des cybercafes chinois sont un peu particuliers...
Arrive a Kashgar je choisis de rester avec le groupe de singapouriens. Je partage une chambre avec Lee Win, qui est ne en Chine. Nous nous entendons bien, il me donne des conseils pour apprendre le chinois et me parle des 9 ouvrages fondamentaux de la culture classique chinoise. Il demande a ses enfants des les apprendre par coeur, car c'est pour lui l'essence de la Chine et la jeunesse ne doit pas l'oublier.
Aujourd'hui, je glande a Kashgar. C'est une grande ville tres propre, moderne. Les gamins s'amusent avec leur snake-boards et il y a beaucoup de scooters electriques. C'est une ville ouighoure teintee de culture chinoise, le melange est tres reussi. L'offre culinaire est plethorique. J'imagine qu'en venant de l'est on la voit comme une ville chinoise parfumee par la culture ouighoure. Bref je me sens encore en Asie Centrale, je finis par apprecier leur bazars, la nourriture sur le pouce, leur code vestimentaire, mais ici les femmes ne sont pas en longue robe traditionnelle, dommage.

Le vieux Kashgar, dernier bastion ouighour cerne par la ville chinoise moderne.
message de Marie-Noël le 25-10-2008 à 21:56
  Notons que nous n'avons rien dit. Mais qu'effectivement des photos seraient bienvenues? Qu'en pensez-vous ?

message de mjo le 26-10-2008 à 03:36
  c'est pô faux :D

message de Zuv le 28-10-2008 à 21:11
  Moi j'adore lire sans photo, ca laisse l'esprit vagabonder au cote de gzav, on imagine les lieux les situations tels que le fantasme populaire du francais moyen nous l'a inculqué sur cette région... La puissance de l'esprit les enfants ! Et puis l'upload la bas ça doit pas être ça et puis la chine filtre énormément le trafic du net !

message de Marie-Noël le 07-11-2008 à 12:41
  AAAH une petite photo... permet de faire rebondir l'imagination, la confronter avec la réalité qui est qq fois plus belle encore. IL est vrai que les récits sont savoureux et écrire sur des claviers incompréhensibles peut, peut-être, relevé du casse tête chinois... pour ne pas dire autre chose.


Animals Sunday Market 19-10-2008
Le fameux marche aux animaux du dimanche de Kashgar. Nous y allons de bon matin, le marche commence seulement a se mettre en place. Toute la Chine est officiellement a l'heure de Pekin bien qu'ici nous ayons 2 heures de decalage. Le soleil se leve a 8h30 dans le xinjiang, c'est sympathique pour les leve-tard !
Habituellement le marche est blinde de touristes, il est parait-il impossible de prendre un photo sans avoir dans son champ un touriste faisant la meme chose. Heureusement en cette saison il n'y a pas grand monde, j'y reste deux bonnes heures et je crois que pour la premiere fois depuis le debut de mon voyage je prends de bonnes photos.
On y vend chevres, moutons, anes, chevaux, yaks et chameaux. Tous ces moutons alignes en rang d'oignon, on dirait un immense tapis de laine. Il n'y a que des ouighours ici, et un khirgize. Je vais ensuite au bazar mais il me parait un peu fade apres toutes ces bonnes odeurs de la campagne...

Quel entrain ! 20-10-2008
Mes singapouriens rentrent a la maison. Lee Win m'a offert un livre regroupant 4 des 9 classiques, en chinois et piyin. IL me conseille de les apprendre par coeur. Meme si je ne comprends pas, cela me servira, me dit-il. Mouiiis, ne pas apprendre ce que je ne comprends pas, c'est justement le combat de ma vie.
Je retrouve Thomas l'italien et nous partons le meme jour pour Urumqi en 24h de train. Je serais bien reste quelques jours de plus a Kashgar mais je reviendrais, c'est sur.
Nous sommes en "couchette molle", c'est assez cher (60 euros). Mais quel confort ! Nous sommes 4 par chambre et les lits, avec une epaisse couette et des draps bien propres, n'ont rien a envier a quelques hotels que j'ai frequente. J'apprends au passage que la "couchette dure" n'est pas une planche de bois, c'est simplement un lit moins large et nous ne sommes pas compartimentes en chambres de 4. Il y a meme un wagon-restaurant a prix correct. Le voyage passe tres vite, je pourrais rester plusieurs jours dans un train comme ca.
Nous longeons le desert et passons dans la depression de Turfan (-150 m) encadree par les montagnes. Il y a egalement d'immenses champs d'eoliennes le long du desert, je me suis arrete de compter a 200.

Urumqi 21-10-2008
Grande ville pleine de buildings modernes (on se croirait parfois au Japon), tres propre. Le musee est interessant et gratuit.
Je recherche un guide de la Chine en vain. J'avoue que c'etait le cadet de mes soucis lorsque j'ai debute le voyage. J'etais deja bien charge avec les guides de la Syrie, Turquie, Iran, Asie Centrale et l'objectif me semblait quelque peu lointain. Le probleme est bien present maintenant. Je n'ai pas eu la chance de rencontrer un routard en sens inverse pour faire du troc et je suis egalement reste bredouille dans les libraires et cafes a touristes. Le probleme n'est pas tant le logement et la nourriture, mais surtout que visiter et comment se deplacer.
Thomas a besoin de vetements chauds et moi de chaussures. Ahlala, on nous parle de la Chine comme le pays des objets bons marches et de mauvaise qualite, ici on trouve beaucoup de marques europeennes (chaussures de marche a 120 euros), des magasins de luxe et des marques chinoises, cheres aussi. On n'est surement pas dans le bon quartier. Bref je trouve une paire de chaussures chaudes a 35 euros, ca craint. J'ai quand meme negocie 10 euros. Apparemment en Chine on peut toujours negocier, meme dans un beau magasin avec les prix affiches. On arrive a trouver des restaurants avec des photos sur le menu ^^

Adieu mes petites, vous avez vaillamment parcouru 2000 km mais vous n'etes pas faites pour la neige.

Turpan 22-10-2008
Je laisse Thomas tracer vers Pekin (il fait aussi la route de la soie, 14 pays en 2 mois) et me voila a Turfan, ou Turpan, c'est selon. Tulufan pour les chinois. Petite depression encaissee dans les montagnes, il y fait tres tres chaud l'ete. En ce moment il y fait plutot tres tres froid. J'aime beaucoup son petit bazar, on peut y manger de tout, assis a des tables ou vous n'oseriez meme pas poser votre sac. J'adore.
En ville j'aborde un couple de touristes, deux jeunes slovenes. Ben oui il me faut des clients pour partager les frais de taxi vers les sites environnants. Ils ont deja organise un tour je les joindrais demain. En attendant je flane en ville.
Le lendemain nous visitons les fameuses montagnes de flamme, fameuses en raison du "voyage vers l'ouest", un classique de la litterature chinoise racontant l'histoire d'un moine et de quelques animaux en route vers l'ouest pour je ne sais quel obscur motif. En tout cas c'est tout ce que cette montagne a de particulier. Et il faut payer. Devant notre reticence ou parceque l'on est hors-saison, c'est moitie-prix.
Un beau jour le gouvernement chinois a decide de dresser la liste exhaustive de ses ressources touristiques. IL y ont alors fait eriger des barrieres et un droit d'entree. Parfois on se demande comment il fait leur choix. Du coup en Chine, il faut souvent payer pour aller voir une montagne, une riviere ou simplement se ballader dans la nature. Nous allons ensuite dans la valle des raisins. C'est un simple village plein de restaurants a touristes sous les vignes montantes. A l'entree le chauffeur nous demande "ticket, no ticket ?". Nous repondons en coeur "no ticket" et il passe simplement sans s'arreter au poste. Helas la recolte est passee il n'y a plus grand-chose a voir. Nous goutons quand meme du raisin local, extremement sucre.
Nous rentrons a la maison, 300 yuans la voiture, je paye un tiers. Ils se sont un peu fait roules dans la farine mes slovenes, je crois que j'aurais paye autant tout seul. Mais ils sont bien sympas et ils partent en bus le soir-meme pour Jiayuguan. J'ai beau voyager tres vite depuis que je suis en Chine je me fais doubler par tout le monde.

Pourquoi les pigeons se regroupent et tournent en rond une heure avant le coucher du soleil et jusqu'au coucher ? Souvent dans le sens des aiguilles d'une montre mais pas toujours ? Je n'avais jamais remarque ca en France.

Ca caille 23-10-2008
Bon, plus de bus pour Dunhuang. C'est dingue, Lukas et Stasa ont pris le dernier de la saison sans le savoir. Cela me prend quelques heures pour resoudre mon probleme et obtenir un billet de train. Le plan est : bus vers une gare a une heure de la, train, bus vers Dunhuang. C'est easy m'a dit une dame. Et dire que je ne parle toujours pas un mot de chinois. J'ai bien mon bouquin que j'utilisais en cours il y a 10 ans mais il m'est totalement inutile pour la vie courante. J'ai achete un guide de conversation chinois-ouighour-anglais qui ne m'est pas d'une grande aide. Dans la rubrique "restaurant" la seule nourriture traduite est "il y a t-il de l'ail dans ce plat?". Malgre tout, je vais quand meme tout seul comme un grand acheter mes billets de train et de bus.
Je prevois de visiter les runes de Jiaohe, non loin de Turpan, lorsque je croise un jeune ouzbeque parlant anglais. Nous nous etions rencontres la vieille et avions dine ensemble au bazar de nuit. Il me propose de venir a un cours d'anglais. J'hesite, j'ai deja donne a Kashgar et je m'etais retrouve dans une petite salle de bar a parler 3 mots d'anglais avec des "etudiants" pas tres motives. Bien sur cela prendra deux fois plus de temps que ce qu'il dit, mais j'accepte quand meme, je pourrais toujours modifier mon billet de train.
Je me retrouve dans une vraie ecole, dans une vraie salle de cours avec un vrai tableau noir. C'est une ecole chinoise mais les ouighours louent un etage entier pour leur compte. Les enfants apprennent le ouighour en primaire, puis le chinois en deuxieme langue ; ils en sont donc a leur troisieme. Ne pas aller a l'ecole chinoise est un moyen pour eux de conserver leur identite culturelle.
Le professeur me dit "vas-y, nous en sommes a la lecon 41" et me laisse seul au bureau... Ce sont des enfants de 12 ans, ils font 6 heures d'anglais par jour depuis septembre. Je leur parle de la France, du fromage, de mon voyage. lorsque l'atmosphere se detend ils me posent des questions amusantes : est-ce que votre famille vous manque, comment trouvez-vous les ouighours, est-ce qu'il y a des loups en France, avez-vous une copine, y'a t-il des noirs en France, les enfants francais sont-ils timides etc... Ce n'est pas la premiere fois que je croise la notion de timidite dans le monde musulman. Il me semble qu'elle est erigee au rang de qualite, du moins chez les femmes pour lesquelles c'est une delicatesse. Un peu tout le contraire des chinois, quoi.
Je palabre pendant une heure et demi puis nous sommes interrompus par l'arrivee de charbon pour l'ecole, les eleves doivent participer au dechargement. Wow ce n'est pas du charbon ce sont d'enormes blocs d'anthracite, mais rassurez-vous mesdames, seuls les garcons ont le droit de se salir les mains. Je discute donc avec les filles en les regardant bosser. Une jeune enseignante passe par la et m'invite chez elle pour la soiree. Elle est tres jolie mais je flaire l'embrouille, je m'excuse en pretextant mon train, qui est d'ailleurs pour bientot. Le professeur veut m'inviter a diner pour me remercier (tu m'etonnes j'ai bosse presque deux heures a sa place). Je dois d'abord changer mon billet de train, mais pas de train demain ou apres-demain, c'est dingue. Il m'achete des bananes, du pain, en m'expliquant qu'il comprend ma situation, lui aussi a voyage un an seul, que tout aide est la bienvenue et me fourgue dans un bus pour la gare.

Dunhuang 25-10-2008
Une heure de bus en rase-campagne, une heure d'attente la gare puis je decouvre les "couchettes dures". Nous sommes 60 lits dans le meme compartiment, tous dans la meme "piece", comme dans ruche. J'aime bien l'ambiance (et la couette bien epaisse).
Le train arrive a 4 h du matin (l'agent de compartiment vous reveille c'est-y pas la classe). Heureusement les chinois sont bien organises et je trouve sans difficulte un taxi partage pour Dunhuang.
Me voila reellement en Chine, fini ce parfum d'asie centrale, je ne vois pas l'ombre d'un ouighgour a Dunhuang. Les chinois sont tres sociables. On peut leur repprocher leur sans-gene et cette propension a se meler des affaires des autres, mais pour un voyageur solitaire, c'est une qualite appreciable. Le seul probleme est qu'ils ne parlent pas anglais ^^ Mais ici les gens repondent a mes sourires, ils savent saisir le comique d'une situation. Ca me change des gueules d'enterrement d'asie centrale. Quoiqu'il en soit le xinjiang me manque deja, allez comprendre.
message de cleo le 27-10-2008 à 18:11
  bienvenue en chine!!!! hopital de fous permanent

message de Eliane le 28-10-2008 à 13:22
  Je reprends le cours de tes pérégrinations et je m'aperçois qu'en peu de temps, tu as vraiment bien progressé et enfin atteint la Chine. Bravo ! A plusieurs reprises, tu parles des ouighours. Je suppose qu'il s'agit d'une ethnie ; pourrais-tu m'en dire un peu plus ? En Provence, après un été indien (ce week-end les gens se baignaient encore) nous attaquons l'automne avec la pluie et la chute des températures s'annonce. Pascal Mathieu revient d'un voyage touristique en Chine avec le CE (rien à voir avec ce que tu y vis, bien sûr) et la jeune stagiaire qui travaillait avec moi cet été est à Shanghai pour un séjour d'études d'un an. Bonne continuation à toi...

message de xav le 28-10-2008 à 14:29
  Merci. Je parlerais un peu plus de ouighours (je ne suis meme pas sur que ca s'ecrit comme ca) dans la page xinjiang. Elle est jolie la stagiaire ? ^^


Magao ku 26-10-2008
Je croise une etrangere dans mon hotel et lui propose de partager le taxi pour les grottes des mille boudhas. Il y a plusieurs sites comme celui-ci en Chine mais ces grottes sont apparemment les plus belles. L'entree est assez chere evidemment, 18 euros. Il y a quelques centaines de grottes taillees dans un flanc de falaise et seules quelques unes sont ouvertes. Je ne paye pas le supplement pour le guide anglophone et de toutes facons il nous est assigne d'office.
Premiere grotte, un boudha de 25 metres de haut. Mouais, il n'est meme pas en roche brute, trop friable, mais est couvert d'adobe (l'autre nom du torchis, c'est pour ameliorer votre vocabulaire) et a ete repeint au XVIIIeme siecle. Puis une autre grotte avec un boudha geant. Ensuite un boudha couche avec les statues de ses disciples pleurant sa mort. Certains (une poignee sur les 72) sourient car ils savent que leur maitre n'est pas mort mais atteint le nirvana. Puis de grottes en grottes, certains contenant reellement un millier de petits boudhas peints ou en fresque, je commence a etre impressionne, meme si tout cela date du Veme au XVeme siecle. Certaines sont magnifiques, helas pas de photos bien sur. Oui, je trouve cela impresionnant, ce site merite vraiment le detour.

Crise de foi 27-10-2008
J'ai acces a la television, CCTV9 est en anglais, et je m'apercois qu'on nous -vous- bassine avec cette crise. C'est bizarre je ne me sens pas vraiment concerne. Je n'ai pas d'actions en bourse ni d'immobilier. Le seul probleme pour moi c'est l'inflation (pour vos salaires vous pouvez toujours attendre une inflation) et l'euro qui se casse la figure. Il y a deux semaines un euro valait plus de 9 yuans et maintenant 8,5. Je me demande si je ne dois pas changer tout mon argent maintenant. Le yuan chinois une monnaie forte, qui l'eut cru ? Enfin, attendons que la crise produise son effet en Chine, quand des dizaines d'usines de produits manufactures fermeront.
Ce n'est surement pas la fin du capitalisme (le monde n'est pas pret a ecouter un nouveau messie), mais peut-etre de l'une des formes du capitalisme. J'espere que l'Europe et les pays emergents s'engouffreront dans la breche ouverte par la crise des sub-primes, et que l'on pourra enfin se torcher les fesses avec les accords de Bretton-Woods !
"Et on lui pelera le jonc comme au bailli du Limousin..."
message de Zuv le 29-10-2008 à 01:42
  hé coco les accords de Bretton Woods sont finis unilateralement par les USA des 1973 ! Reveille-toi ! La fin de ces accords a justement entrainé l'inflation et la nouvelle politique monétaire où un etat souverain en peut pas emprunter de l'argent à taux 0 à sa banque centrale mais au taux de refinancement journalier du marché : BONJOUR LA DETTE ! En france c'est VGE qui a signé, mais mitterend n'a jamais remis ça en cause ! ;) Regarde la courbe de la dette de l'etat et tu verras ! Ouighours : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ouighours T'as enfin un ticket avec une nana (mignonne que tu dis, et sans doute cultivée car enseignante) et toi tu fais mine de courir apres un train, quel manque de confiance ! lol

message de xav le 08-12-2008 à 07:57
  Oui tu as raison en fait je parlais des a-cotes de Bretton-Woods, cad les missions du FMI, GATT/OMC. Quant au ticket, disons que ca fait un an que je pratique les pays musulmans, je commence a les connaitre les bougres ^^


Jiayuguan 28-10-2008
Un homme averti en vaut deux, maintenant je reserve mes billets de bus et de train un jour a l'avance. Jiayuguan est une grosse ville industrielle dont le centre n'est pas trop desagreable. Je deniche des petites rues a bazar et de nouvelles choses a manger. C'est bizarre c'est un coin assez touristique mais quand je me ballade dans les petits marches les gens me regardent fixement. Ici au moins on ne me prend pas pour un autochtone ! C'est sans doute ma barbe de 4 jours, les chinois sont imberbes. Certains gamins restent en arret bouche bee comme si j'etais une star de cinema et les gens s'attroupent lorsque j'achete quelquechose, curieux de voir ma reaction lorsque je goute les specialites locales.
Au cyber je rencontre un jeune qui ne parle pas un mot d'anglais mais veut passer du temps avec moi. Je lui explique que je dois prendre mon billet de bus, un huo che piao, et il me colle dans un bus qui va a la gare.
La ville est celebre pour son fort, soit-disant le debut de la muraille de Chine, pour etre precis l'extreme ouest a une certaine epoque, point de passage oblige pour la route de la soie. Il y a d'autres petites choses a voir dans le coin mais je fais l'impasse dessus. Un taxi me propose 50 yuans par site, mais j'ai pris gout aux bus urbains a 1 yuan et j'en degote un qui va au fort. C'est assez joli, il a entierement ete refait dans les annees 80, on a une belle vue sur les deux montagnes qui delimitent la plaine desertique et la centrale nucleaire dans les faubourgs de la ville. Il y a quelques boutiques a souvenirs dans le fort et je n'ai pas pu m'empecher de payer 10 yuans pour tirer a l'arc 10 fleches. J'ai reussi a avoir la casquette du manequin -je tiens a preciser que je la visais- sous les applaudissements de la foule de touristes en delire (j'exagere un petit peu). J'avoue que ca me manque de tirer quelques volees de fleches.
Je m'apercois seulement aujourd'hui que les chinoises ne portent pratiquement jamais de boucles d'oreilles.
message de Zuv le 29-10-2008 à 01:52
  "Je m'apercois seulement aujourd'hui que les chinoises ne portent pratiquement jamais de boucles d'oreilles." QUOI ?!!!!! Brulons-les, brulons-les !! (à dire avec l'accent de Willy le jardinier) mdr

message de Djinn le 02-11-2008 à 17:53
  Ne pas disposer de photos récentes, ça ne me dérange pas non plus... C'est bon de se laisser aller à la rêverie de lointaines contrées... Mais du coup on ne se rend pas compte : les femmes portaient beaucoup de bijoux en Ouzbékistan, en Iran... ?

message de xav le 07-11-2008 à 09:58
  Ben je ne me souviens pas d'y avoir fait attention mais en tout cas elles etaient beaucoup plus feminines. En Chine de l'ouest je sens les effets du rouleau compresseur maoiste et l'egalite homme-femme de l'ideal communiste. Les femmes sont chauffeuses de taxi, travaillent dans les chantiers etc... Mais c'est tres different dans les grands centres urbains de la cote, ou l'on voit beaucoup plus de pouffes avec des ongles qui ne supporteraient pas de faire la vaiselle ^^


Xi An 29-10-2008
Ville de legende, gros spot touristique. Les murailles de la ville sont encore intactes (restaurees a la chinoise, tres propres).
J'avais un contact couchsurfing qui m'a dit "viens, c'est super" et la vieille de mon arrivee "au fait, je ne peux pas t'heberger, mais c'est super". Heureusement, les hotels font la retape au sortir de la gare et je me retrouve dans un hotel de backpacker un peu particulier. Bar ambiance europeenne, restaurant avec petits dejeuners francais, anglais, americain asiatique, au choix. Tout est bien sur extremement cher compare a la Chine mais pas pour un anglais en vacances 3 semaines. Le dortoir est au double du prix mais j'arrive a negocier un peu et je dois me faire a l'idee que la vie a Xian est plus chere que dans un bled des contrees de l'ouest. Mais dans cet hotel, j'ai un peu l'impression d'etre aussi isole de l'exterieur que dans un camp de GIs au Vietnam.
Le musee est interessant et gratuit, je croise enormement de touristes chinois. Beaucoup de Hong-Kongais viennent pour le week-end.

La terre d'a cote 30-10-2008
La celebre terra cota army (en argile quoi) est a une demi-heure de bus et sept yuans de la gare de Xian. J'ai croise des gens qui, sachant cela, ont quand meme pris le tour de l'hotel a 160 yuans. Quand on aime, on ne compte pas.
C'est assez impressionnant meme si l'on sait qu'aucune des statues n'est d'epoque et surtout, un conseil, n'y allez pas le week-end !!! Passer son temps a donner des coups de coudes (si vous voulez voir quelquechose) gache un peu le plaisir.
Le quartier musulman de Xian est joli. C'est une sensation etrange que de manger des chachliks (brochettes) ou du plov (riz) avec du non (pain) servi par des hans (chinois) musulmans.
message de Eliane le 07-11-2008 à 17:12
  Pourquoi dis-tu qu'aucune des statues n'est d'époque ? Lorsque j'ai visité l'endroit, il y a bien une quinzaine d'années, peu après qu'il ait été ouvert au public, je me souviens avoir vu les tranchées dans lesquelles ils travaillaient à dégager les statues mais peut-être que depuis, ils ont dégagé toutes les statues et les ont mises en lieu sûr.

message de xav le 08-12-2008 à 07:59
  Et bien aujourd'hui les fouilles sont finies mais il y a une bande sonore des travaux (!). En bas ce sont des copies, les originaux sont au musee ou sous cloche sur le site. Ils ont laisse quelques statues en pieces sur place pour que l'on se fasse une idee.


Pekin ! 02-11-2008
Et voila ! Le voyage arrive a son terme. C'est du moins la fin de la premiere partie, car je n'ai pas vraiment envie de m'arreter en si bon chemin (en clair il me reste des sous).
Mais je ressens un fort besoin de faire un break, je fatigue un peu de toujours bouger, changer d'hotel, m'adapter a de nouvelles coutumes. Je me demande comment font les gens qui voyagent plusieurs annees. J'ai envie de dormir dans le meme lit plusieurs nuits de suite, avoir une vraie salle de bains, faire mes courses au marche du coin, bref, avoir des habitudes. Adolescent je pensais que les habitudes etaient la petite mort de l'ame ; aujourd'hui je dirais que c'est un repos cognitif que l'on peut apprecier.
Je suis chez Charlotte, Felix et Etienne. Je mange du pain, du beurre, du fromage et de la creme fraiche dans les pates. Bref, je me sens revivre !
message de oly le 06-11-2008 à 13:51
  tu es déjà à Pékin ?

message de Djinn le 06-11-2008 à 19:23
  wah ! t'es passé à la vitesse supérieure ! tellement vite que tu n'as plus que le temps de noter tes villes de passage ?! =)

message de xav le 07-11-2008 à 10:16
  Oui j'ai mis les bouchees doubles car je dois renouveler mon visa chinois qui n'est que d'un mois. Et je serais en Inde en decembre. C'est rappe pour noel au tison, je viendrais en France peut-etre en janvier.


36 ans 07-11-2008
Bon anniversaire frangin ! la classe de fêter ça à Beijing :)

rv
message de Marie-Noël le 07-11-2008 à 11:55
  Et bon anniversaire !

message de oly\'s family le 07-11-2008 à 13:45
  oui, bon anniversaire frérot ! Tous le monde t'embrasse

message de Eliane le 07-11-2008 à 17:17
  Je ne sais pas comment dire "bon anniversiare" en chinois et même si je le savais, tu ne le comprendrais pas forcément car cela ne doit pas être aisé à maîtriser cette langue. Donc, bon anniversaire et que tes souhaits les plus chers se réalisent !

message de lolo&nana le 07-11-2008 à 19:08
  un tres bon et joyeux anniversaire,pleins de bisous,a charlotte et aux cousins aussi :-)

message de momo le 07-11-2008 à 20:16
  1 petit beurre et c'est tout! 1 petit beurre et c'est tout! BON ANNIVERSAIRE XAV, et profite bien de ce que tu vie. GROS BISOU momo

message de Liline et vlad le 07-11-2008 à 21:32
  Bon anniversaire ma couille !! mais pour info t'es en retard c'est fini les JO de Beijing ^^ Je te souhaite de passer ça dans un bain de vapeur avec une gentille en sirotant une asahi :) Encore bon anniversaire on t'embrasse !

message de Djinn le 07-11-2008 à 23:58
  Pas trop tard pour te souhaiter un joyeux anniversaire ! Biz

message de maman le 08-11-2008 à 00:44
  je te souhaite un tres,tres, bon anniversaire, en plus tu le passe a pekin, peut etre avec charlotte, grosses bises a tout le monde;

message de xav le 10-11-2008 à 13:22
  Merci a tous, ca fait plaisir !

message de oly le 14-11-2008 à 21:17
  et bé,, tu es coincé ?

message de Djinn le 17-11-2008 à 22:18
  Ces quelques photos vont en satisfaire certains... Bon, ça nous force à relire les textes si on veut faire l'association... J'imagine que ça nous permettra de patienter jusqu'aux prochaines news... +++

message de Zuv le 18-11-2008 à 02:36
  Oulala j'ai zappé ton anniversaire... La tete dans le guidon pas vu le 7 passé, bah c'est cool si tu as enfin passé le drapeau à damiers... L'inde en décembre ! Dépêche toi ca commence à chier la bas aussi :p Chez nous c'est pas mieux lol

message de xav le 08-12-2008 à 07:52
  Pas de panique je ne sais meme pas quand est ton anniv zuv !

message de Tsi-san le 29-01-2009 à 10:36
  scouzi, je reviens sur ton site que maintenant (merci de m'avoir redonnée l'adresse!). C'est vraiment avec un très vif intérêt et plaisir que je te lis et découvre à travers tes yeux tous ces pays. Je viens de lire d'une traite "automne 08" jusquà cette news anniv! Joyeux anniversaire en super retard alors! En cantonais (pin yin à la sauce Tsi-san) "san yet faï lok". bises


Shanghai 23-11-2008
Il fait un peu moins frais ici qu'a Pekin mais beaucoup plus humide. Shanghai et Pekin sont deux villes tres differentes, chacune a ses afficionados, chacune a son charme qui n'apparait pas au premier abord.
Je n'ai pas l'esprit a ecrire en ce moment, je suis en repos ^^
Je vais ajouter encore quelques photos puis on verra, je vous laisse deviner quelle sera ma prochaine destination car je prefere ne rien dire tant que je n'ai pas le visa.
message de rv le 25-11-2008 à 11:53
  c est cool que tu profites un peu, tu as reussi à prolonger ton visa en chine?
Pour info, voila une carte des provinces chinoises
au passage le lien vers le site de l asso de marcel
à bientot et bisous à cléo

message de Djinn le 26-11-2008 à 12:54
  Les paris sont ouverts alors : je propose Lhasa...

message de Djinn le 26-11-2008 à 12:56
  ou Hong Kong ?

message de aixoise le 06-12-2008 à 15:10
  des nouvelles !!!

message de Marie-Noël le 09-12-2008 à 13:03
  Alors ce repos,... réparateur ? J'ai cru voire qq signes de vie récents : rajout de commentaires ou photos ( merci !). Oyé bon gens gzav se réveille. Pour les pronostics j'ai cru lire qq part que tu voulais aller en Inde et pourquoi pas jusqu'au Sri Lanka. Il parait que c'est très joli. Une petite île après ce gros continent. salut !

message de xav le 10-12-2008 à 12:34
  Reparateur ce n'est pas sur car j'ai perdu l'habitude de prendre des cuites mais reposant oui. +1 pour le sens d'observation de marie-no je pars en Inde vendredi j'ai enfin mon visa. Je dois prendre l'avion car mon passeport est plein, je rentre en France ensuite au printemps.

message de maman le 10-12-2008 à 18:26
  contente d'avoir de tes nouvelles.tu as fait le plein de civilisation?si je comprends bien, tu fais une petite entorse a ton voyage,tu prends l'avion.On t'attend au printemps, la maison ne bouge pas. Gros bisous

message de marie-Noël le 18-12-2008 à 03:22
  YES !!! Tiens pour quoi trop de tampons oblige un vol en avion ? l'Inde je t'envie Salut !


Huang Shan 04-12-2008
Apres ce petit break a Pekin et Shanghai, me voila pret a repartir pour de nouvelles aventures. Il s'agit de Huang Shan (montagnes jaunes) ou, a l'instar du mont Nemrut en Turquie, les visiteurs viennent voir le lever et coucher du soleil. C'est un endroit tres touristique (120 yuans ou 15 euros l'entree), meme Den Xiao Ping est venu chanter ici, devant le pin de l'amitie.
Je commence la longue ascension (de 800 a 1600 m) dans l'apres-midi en esperant arriver avant la nuit. Je croise quelques singes en bas puis les nuages desendent a ma hauteur. Je n'avais jamais remarque que les nuages ont une odeur. Une odeur que j'ai deja sentie. Je me demande s'il s'agit d'une odeur naturelle ou de la pollution. Je marche dans la brume, protege du vent par la vegetation.
Arrive sur le petit plateau du telepherique, c'est la tempete de neige ! En haut, les premiers hotels que je croise sont a 500 yuans la nuit. Moi qui comptait passer deux nuits ici, cela se presente mal. Finalement je trouve un dortoir tres propre et j'arrive meme a marchander jusqu'a 100 yuans. Je partage la chambre avec cinq chinois de Suzhou. On se gele les miches dehors, le sol est parseme de molards congeles qui scintillent a la lumiere.

Sunrise sur lion peak
05-12-2008
Lever 5h et petite marche vers le pic du lion, qui est helas ferme. J'hesite quelques instants a escalader la barriere de 3 metres. Ce n'est pas impossible mais mes muscles sont bien trop engourdis par le froid. Je vais donc sur une petite terrasse exposee au vent glacial en compagnie de quelques chinois. C'est tres beau ma foi.
Un beau ciel bleu eclaire la journee et je fais une longue boucle vers le fameux pont des fees. Ces montagnes sont vraiment magnifiques, je reste bouche-bee devant ces a-pics de 1000 metres, ces pins accroches en des lieux improbables. Je n'ai pas specialement le vertige, mais j'avoue que lorsque je marchais sur une crete avec le vide de chaque cote, j'avais les mains un peu moite.
Apres 4 heures de marche et 200 photos, j'arrive a l'incroyable pont des fees, construit entre deux pics rocheux. Puis je m'apercois que le dernier tiers de ma boucle est ferme pour travaux depuis le 1er decembre, un ouvrier me confirme que je dois rebrousser chemin. A 5 jours pres, je suis vert, surtout que je suis sur que les travaux n'ont pas commence. Comme pour me narguer, l'ouvrier ouvre la porte cadenassee et s'engouffre dans le passage condamne. Je peste contre les chinois qui auraient pu ecrire cela quelque part, puis sur le retour je me dis que cela m'a permis de voir des paysages magnifiques. J'ai passe la journee a dire "c'est un truc de dingue, un truc de ouf". La derniere fois que j'ai parle seul a voix haute, je crois que c'etait a Baalbeck, au Liban.
Cette petite ballade, en dehors des circuits de montee ou descente, justifie a elle seule de passer deux nuits sur place.

La marche de l'Ouest 06-12-2008
Aujourd'hui je vais voir le lever sur le pic du nuage mauve, mais qui est condamne lui aussi. Cette fois-ci, je ne me laisse pas abattre (et surtout la barriere ne fait que 2 m).
Puis il est temps de redescendre vers la plaine. Il existe deux moyens d'acces a la mer du nord, le coeur de Huang Shan : la marche de l'Est, par laquelle je suis monte, et la marche l'Ouest, deux fois plus longue.
Je croise pleins de chinois qui montent par cette voie difficile, sans prendre le telepherique. Je les trouve courageux, puis je me rends bien vite compte que nus sommes samedi, et les touristes debarquent en masse. A la chinoise bien sur, avec drapeaux, casquettes et megaphone, en grappes de trente. Un conseil : vu la masse de gens ici alors que nous sommes le 6 decembre et que l'on se les gele, ne jamais, jamais venir a Huang Shan le week-end (ni dans aucun gros spot touristique chinois d'ailleurs).
Malgre cela, la descente est a couper le souffle, dans les deux sens du terme. Enfin descente, c'est vite dit, le chemin monte souvent. J'avoue avoir eprouve un certain soulagement lorsque j'ai vu que le pic du lotus etait ferme, car remonter 500 metres apres 3 heures de marche ne m'enchantait guere et je ne pouvais pas ne pas passer par ce fameux pic. Apres sept heures de descente, me voila enfin en bas, les mollets en beton, les poumons ouverts et la tete pleine de pics noyes dans la brume.

Pekin 10-12-2008
Vingt heures de train separent Huang Shan de Beijing. Je pensais que cela allait enfin me vacciner car vraiment, j'adore le train de nuit chinois. Je partage le compartiment avec une pekinoise, une dame probablement centenaire qui declare d'emblee qu'elle m'aime bien, une jeune fille de la campagne dont la maman avait prepare pleins de choses a manger, un timide et un amateur de kung-fu. Je suis surpris de constater que la vieille dame est traitee avec beaucoup de douceur et de deference par tous les passagers, mus par un melange entre le traditionnel respect des ancetres et l'etonnement de voir quelqu'un arriver jusque la en bonne sante.
Nous passons du bon temps malgre nos trois mots de vocabulaire en commun et me revoila dans la fraicheur seche de Pekin. En clair ca pele, mais c'est plus agreable que l'humidite de Shanghai. J'apprecie vraiment ces deux villes tres differentes, mais j'avoue avoir un petit faible pour Pekin.

Delhi 13-12-2008
Cinq cent euros et sept heures plus tard, je pose le pied sur le sol indien. Un petit coup d'avion qui deroge a la regle mais je n'ai plus de place dans mon passeport pour un autre visa et pour etre franc j'etais presse. L'avion atterrissant a deux heures du matin a Delhi, j'avais reserve un hotel en ville, deuxieme entorse au reglement.
Mon pre-paid taxi embarque egalement un japonais qui va au quartier tibetain (je ne sais meme pas ou je vais). Il arrive a lui extirper 20 roupies supplementaires puis m'emmene dans un entrelacs de petites ruelles tortueuses. C'est un chauffeur qui parle beaucoup, ce ne sont pas mes preferes. Il m'explique que l'Inde c'est different, qu'il faudra que je m'adapte, que j'oublie ma facon de penser europeenne (parceque je lui donne l'adresse de l'hotel avec un nom de rue et il me dit que cela ne marche pas comme cela, les adresses a Pahar Ganj). Il me depose non loin de mon hotel selon ses dires et lorsque je refuse de lui donner son tip (je ne sais pas ou je suis et il s'est deja fait deux clients en une course), il m'exprime par un revers de la main que je n'ai rien compris a sa lecon de vie. Il n'a peut-etre pas tort mais je n'ai franchement aucune raison de croire un chauffeur de taxi pris a l'aeroport.
Il est 3 heures du matin, je commence a marcher avec mon barda et bien que ces rues correspondent tout-a-fait a la definition que je me fais d'un coupe-gorge, j'eprouve un etrange sentiment de calme et de securite. Je ne sais par quel hasard je trouve mon hotel en cinq minute. Il est complet. Evidemment me dis-je, c'est bien l'utilite de la reservation. Sans doute une facon de penser trop europeenne. On me trouve une place dans l'hotel a cote et je m'endors assez rapidement.

Pahar Ganj 14-12-2008
Je suis dans le quartier en face de la gare ferroviaire, c'est rempli de touristes et backpackers. Je comprends maintenant que l'on ne se repere pas aux noms de rues dans cette anarchie architecturale. Dans un autre pays on appellerait cela un quartier historique, et les gens se battraient pour preserver leur pauvre logement face a la pression immobiliere. Mais ici cela ne semble pas etre un probleme. Je croise quelques vaches en liberte.
Les rues sont vraiment tres encombrees. On ne peut pas sortir faire tranquillement quelques pas dans la rue ici. Non, la rue vous prend et vous etes obliges de participer a cette maree humaine, pousser du coude, trouver une faille pour se faufiler entre les gens, les motos, les rickshaws a velo ou a moteur. Tout n'est que bordel et confusion, et j'avance dans un maelstrom de couleurs et d'odeurs.
Au deuxieme jour je commence a manger dans les petites gargottes de rue, pour l'instant tout va bien.

Iranian Connection 15-12-2008
Je me ballade dans le bazar du quartier musulman, j'avoue que je n'ai jamais vu une telle densite de gens dans la rue. Marcher est epuisant et mieux vaut ne pas penser aux pickpockets. De ce que j'ai pu voir pendant mon voyage, c'est probablement chez les musulmans qu'on a le moins de chances de se faire voler. Je vois un elephant, toujours des vaches, des chiens, des perroquets, des singes sur les toits. Tout cela au centre d'une enorme agglomeration, cela me laisse pensif.
Une amie rencontree en Iran me rejoint a Delhi. Elle se fait appeler Shiva au cinquieme rabatteur de la journee (il faut savoir dire non en Inde, surtout savoir le dire 15 fois de suite), ce nom lui va bien.
Le deuxieme jour nous croisons un jeune indien qui nous parle de son pays, nous explique qu'il faut se mefier des voleurs, arnaqueurs, faux offices du tourisme et agences de voyages non gouvernementales. Deux cents metres plus loin un autre jeune homme nous dit a peu pres la meme chose et nous accompagne meme a une agence de voyage gouvernementale, sans entrer avec nous (ce aui est rassurrant car pas de commission supplementaire). Ensuite c'est un grand classique dont les forums de discussion sont pleins : la grosse arnaque. Cela va tres vite, nous nous faisons embobiner de facon tres professionnelle et nous payons (8 jours avec chauffeur) 500 euros pour quelquechose qui se revelera en valoir la moitie. 50% de marge c'est un peu exagere et je compte bien retourner voir ce grossier personnage. Je finis meme par croire que les deux jeunes etaient dans le coup. Comment ai-je pu me faire avoir a ce point, moi, le vieux routard pres de ses sous ? J'avoue que l'affaire fut rondement menee et je n'ai pas respecte la regle numero un du voyageur : ne jamais, jamais, acheter quelquechose de cher (j'entends quand on passe la centaine d'euros) dans les premiers jours dans un pays. J'en discute avec un garcon de l'hotel qui organise lui aussi les tours, il est degoute de s'etre fait pique une affaire. Il me dit que ce n'est pas tres cher. J'en deduis la regle numero deux : ne jamais prendre un tour organise en Inde, a moins que vous ne connaissiez deja bien le pays et prets a une longue negociation.

Jaipur 16-12-2008
Nous voici donc a Jaipur en compagnie de notre chauffeur, M. Jain. Jaipur ou la ville rose, peinte a l'occasion d'une visite de la reine Victoria. C'est joli, c'est ancien, beaucoup d'enfants jouent au cerf-volant sur les toits mais la ville est tres tres bruyante. Le flot continu de rickshaws, voitures, motos (et tout le monde klaxonne en continu) gache le plaisir de se ballader et rend la ville assez insipide. Mais il y a pleins de choses a voir : le city palace du maharadjah (encore la), le jardin astronomique, le fort Ambre, le water-palace. M. Jain m'affuble pour l'occasion d'un guide francophone, dont les commentaires ne vont pas plus loin que les cartels et a qui je devrais ineluctablement payer un tip. "C'est la porte d'entree, sculptee" -Oui je vois bien ; "Regarde les peintures sur le mur, c'est joli" -Super ; "Le palais a ete construit en 1895" -J'ai mal au ventre ; "C'est un couteau" -"Non, c'est un katar". Cette fois-ci je reponds car les katars aiguisent ma curiosite, je me suis toujours demande si c'etait une arme efficace face a un couteau traditionnel. "C'est un couteau" -"Non, je te dis que c'est un katar, regarde, c'est ecrit".
Ensuite le gentil guide m'ammene voir de l'artisanat local car il est bien connu que le pourboire ne nourrit pas son homme (ni le salaire de l'agence). Je lui fais part de ma reticence mais il me dit que je peux voir comment on fabrique les choses. "Just look, no buy, no problem". C'est le pays du No Problem ici. J'entre dans la piece et apres un long coup d'oeil circulaire, je constate qu'il s'agit d'un simple magasin de souvenirs. Le marchand m'accueille avec un grand sourire et me dit "What do you want to see ?". Je le regarde dans les yeux et d'un air peine je lui reponds "Nothing". Les indiens sont toujours gentils et souriants mais je crois que je commence a reconnaitre leur sourire quand il est jaune. Je veux dire qu'ils sont vraiment gentils, sans hypocrisie, meme pour les quelques veroles a touristes qu'il y a dans tous les pays. Il faut simplement savoir lire leur langage corporel car ils ne disent jamais non.

Hare Krishna 17-12-2008
Pendant mes peregrinations touristiques, Shiva, photo-journaliste de son etat, avait passe la journee avec Krishna, marionnettiste indien depuis 5 generations que nous avions rencontre la veille. Il est assez sympa, francophone et nous l'invitons a diner. Il essaye vaguement de nous vendre une poupee mais aucun de nous ne voit l'interet de s'encombrer de la sorte pendant un mois de voyage. Alors il dit a Shiva "Je te l'offre, c'est un cadeau". Bon.
Au sortir du restaurant, pendant les derniers au revoirs, il nous demande "Combien tu donnes pour le cadeau ?". Je suis estomaque, Shiva est outree. Il insiste, je me dis qu'apres tout il est tres pauvre, qu'il faut bien subventionner les artistes car ce n'est pas une vie facile, et je lui donne 200 roupies (3.5 euros), autant que son plat au restaurant. Il me demande si j'ai un probleme. Bien sur que j'ai un probleme mais je n'ai toujours pas pris mes reperes dans ce pays et je ne sais que lui repondre. Si je lui avais dis oui je suis sur qu'il nous aurait rendu l'argent (peut-etre suis-je un peu candide). Mais nous nous separons comme cela, avec le sourire, pour ne plus jamais se revoir.
Je repense a ce que m'avait dit mon premier chauffeur de taxi. Bien sur avant de juger les gens il faut comprendre leur culture, mais en ce moment je trouve que les indiens pourraient eux aussi essayer de nous comprendre.

Agra 18-12-2008
La ville du Taj Mahal. Bon ben ca, c'est fait.
Je n'ai rien de particulier a dire sur ce monument, si ce n'est qu'il est tres photogenique (d'ou la deception en grandeur nature) et que l'entree est assez chere pour les etrangers (12 euros et 20 centimes pour les indiens). Cela ne me pose pas de probleme que les locaux payent un tarif qui leur permette de visiter leur propre patrimoine historique, au contraire. Il y a une caisse speciale pour les etrangers, j'aurais simplement aime qu'il y ait une queue speciale etrangers aussi, car l'attente etait assez longue (un indien nous a propose de gruger pour la modeste somme de 500 roupies). Je suis mesquin, je sais.
Le fort rouge d'Agra, quant a lui, est tres impressionnant. Nous avons egalement visite un tombeau perse apres maintes explications aupres de M. Jain. Tout un roman, notre chauffeur. Il n'en fait qu'a sa tete, fait semblant de ne pas comprendre quand ca ne l'arrange pas ou bien repond d'un "yes" pas tres franc. Mais je l'aime bien quand meme, au bout de cinq jours j'arrive a deviner quand son "oui" veut dire "non".
Nous avons visite son village, entre Jaipur et Agra, car il devait voir son frere a propos du mariage de son fils. C'est une place assez connue, village natal du premier ministre pakistanais (l'Inde et le Pakistan se sont separes en 1947), ensemble de vieilles havelis (maisons traditionnelles) abandonnees dont la vegetation et les singes ont pris possession.
Evidemment avant de se separer M. Jain nous demande un tip consequent, car l'office du tourisme, ca ne paye pas monsieur. Et puis nous n'avons pas ete de bons clients, n'ayant rien achete dans les boutiques de ses amis ou de sa famille elargie. Bref, j'espere que le mariage de son fils sera une reussite.

Quel entrain 2 19-12-2008
Une gare indienne, c'est beaucoup de colis et de gens qui dorment sur le quai, de quoi s'acheter du the et a manger, comme dans la rue, mais interdiction totale de fumer. Les indiens ne fument pas beaucoup, on trouve les cigarettes essentiellement en paquets de 10 et plus courtes. Pour eux il est inconcevable de fumer 20 cigarettes par jour, mais ils fument bien d'autres choses.
Un train est annonce avec 18 heures et 25 min de retard. Je souris a la precision de l'annonce et je commence a comprendre pourquoi les gens dorment sur le quai, sur une simple couverture. Finalement notre train aura 4 heures de retard au depart et 8 a l'arrivee. C'est le gros bordel a la gare, noter train arrive vers deux heures du matin, nous nous frayons dans le wagon, nageant litteralement dans une mer humaine, puis nous arrivons a notre compartiment. Et la, j'hallucine completement, il y a des indiens partout, ils sont quatre par couchettes. Comme il y a trois couchettes sur la hauteur du wagon, je vois des tetes jusqu'au plafond. Mon champ de vision est rempli de gens, j'ai l'impression de voir en grand-angle, je pense a Fellini et ses gros-plans hyper-realistes mais avec des tetes noires. Que j'aurais aime pouvoir atteindre mon appareil photo, mais en tant que sardine dans une boite a sardines, ce n'etait pas possible.
Alors que je reflechis a comment faire son trou dans cette fourmiliere, j'entends une voix au-dessus de ma tete "Ah, voila monsieur Thomas". Ce sont deux toulousains, Laure et David. Ils me rassurent en me disant qu'apres deux mois de voyage, c'est la premiere fois qu'ils voient un train dans cet etat. Apparemment le brouillard gene les trains en Inde.
C'est la fete dans le wagon, il y a un groupe un peu plus loin, les gens rigolent (toujours happys ces indiens) et ils ont quatre etrangers sous la main. Helas, aucun ne parle anglais, ce qui me surprend beaucoup car c'est un des points positifs du voyage en Inde : vous pouvez toujours trouver quelqu'un qui parle anglais. Enfin un dialecte qui, apres 30 secondes d'accoutumance, ressemble a de l'anglais. Les controleurs passent faire un peu de menage, car les gens ont achete un billet pour une couchette entiere, mais c'est aussi efficace qu'un coup de queue de vache contre un nuage de mouches. Nous arrivons a degager les gens du lit des filles, parcequ'on est gentil, mais quand meme ce ne sont que des garcons. Heureux proprietaire d'une couchette en bas, je n'aurais pas la chance d'etre tranquille cette nuit.
David resume tres bien la situation : "Les indiens sont tres gentils, mais un peu casse-couilles". Casse-couilles, cela resonne tres bien, en toulousain.